Témoignages

Voici le témoignage d’Aurore Cahon, mère d’Eliott, enfant de 5 ans, atteint de troubles du spectre autistique. Elle nous témoigne des difficultés du mode de garde avec son garçon: 

 » Mon fils, Eliott, allait en nourrice depuis ses 3 mois. Cela se passait bien, il avait une très belle relation avec sa nourrice ainsi qu’avec la fille de celle-ci.

Nous nous sommes inquiété rapidement du comportement de notre fils, et devant nos interrogations, le pédiatre nous a conseillé de l’inscrire dans un lieu de garde collectif : effectivement, la fille de notre nourrice entrant à l’école, Eliott y serait le seul enfant.

Nous avons donc combiné un peu de crèche en plus de notre mode de garde habituel, ce qui n’était pas simple. En halte garderie, ils ne le prenaient qu’à partir de 8h30. Il allait donc chez ses grands-parents qui habitaient tout près et qui le conduisaient ensuite, sinon nous n’aurions pu être à l’heure au travail. Ensuite, sa nourrice allait le chercher à 11H30. Eliott passait ainsi de bras en bras. Imaginez s’il avait fallu greffer des soins là-dessus ! Sans parler qu’à la crèche, il y avait trop d’enfants et donc trop de bruit pour lui. Je l‘ai récupéré plus d’une fois prostré dans un coin, les mains sur ses oreilles pour se protéger du bruit. Cependant il est allé au fur et à mesure aux activités. Mais le bruit l’a toujours gêné.

Nous avons fonctionné comme cela puis ma nourrice a arrêté ses fonctions. J’avais trouvé ensuite avec bien du mal une garde à domicile. Eliott allait alors à la classe passerelle (petite classe adaptée accueillant ceux qui ne peuvent aller en maternelle) : c’est une grande chance car il n’avait plus accès à la crèche car il était trop grand, mais il n’était pas du tout prêt pour entrer à l’école.

Ma garde à domicile est partie un mois en vacances, c’était prévu. Et Eliott devait donc aller chez mes beaux-parents. Seulement voilà, ma belle mère eu un accident et s’est retrouvé en fauteuil roulant. J’ai donc continué à travailler (de nuit) en gardant mon fils dans la journée. Je dormais 1H30 le matin, le temps de la passerelle et je dormais ensuite sur le parking du CMP  pendant ses séances ! Tout en travaillant le soir…

En bref, si un tel réseau comme la MAM que Marie Annick Dion veut ouvrir avait existé, notre vie, et celle d’Eliott surtout, aurait été bien plus simple ! Il aurait eu le bénéfice rassurant d’une nounou, dans une petite structure avec d’autres enfants. Il y aurait eu cet endroit où des professionnels auraient pu venir l’aider au sein de la MAM et les diverses stimulations offertes par les bénévoles qui proposent de venir (musique, art…). Et puis il n’y aurait pas eu autant de ruptures et de changements. La MAM l’aurait accompagné au fur et à mesure.

Sachant qu’aujourd’hui Eliott a 5 ans et qu’il n’est pris en charge que 15h par semaine (au delà, c ‘est trop fatiguant pour lui), et n’ayant aujourd’hui plus aucun autre mode de garde, sans ses grands parents, je ne pourrais continuer à exercer mon métier d’infirmière. « 

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